Découvrir un lieu et une histoire

 

En 1995, suite à l’appel de Mgr Amarin Brand, les frères et les sœurs de Jérusalem se sont installés près de l’Ill dans l’église Saint-Jean. C’est depuis toute un histoire qui s’est construite avec le lieu, avec la ville et avec ses habitants…

 

L’arrivée des fraternités monastiques de Jérusalem à Strasbourg

La naissance d’une fondation

Il était une fois… Cela pourrait commencer ainsi. Un jeune inspecteur de police fréquentait Saint-Gervais et c’est là qu’il donnait rendez-vous à ses parents lorsque ceux-ci venaient le voir à Paris. Il a un jour suggéré à ses parents d’héberger des sœurs des Fraternités Monastiques de Jérusalem lorsqu’elles allaient à Strasbourg pour leurs examens de théologie, et ceux-ci ont ouvert leurs portes. Et un jour, à Paris, après un office à Saint-Gervais, notre jeune inspecteur présente ses parents à Pierre-Marie. Question du papa : «Quand venez-vous à Strasbourg ?» Réponse : «Y a-t-il une église pour nous accueillir ?».
Et les parents de contacter l’archevêché de Strasbourg et Monseigneur Brand de venir un soir à Saint-Gervais, incognito dans l’assemblée. Après la messe, il part trouver Pierre-Marie à la sacristie : «Bonjour, je suis l’archevêque de Strasbourg, et je viens vous demander une fondation.» Et quelque temps plus tard, le 14 septembre 1995, les Fraternités Monastiques furent accueillies à l’église Saint-Jean où elles sont toujours. La grande générosité des Alsaciens a marqué les débuts, où tout a été donné, à partir de rien, et elle ne s’est jamais démentie ensuite…

une Église marquée d’histoire

Saint-Jean de Strasbourg

À l’origine, cette église fut bâtie en 1477 pour des Dominicaines et était dédiée à saint Marc, leur saint patron. Elles y ont vécu la vie monastique jusqu’à la Réforme, où elles ont été dispersées. Le nom de Saint-Jean vient des Hospitaliers de Saint-Jean*, ou Chevaliers de Malte, qui l’acquirent vers 1680, pour faire du site une commanderie au service des pèlerins en route vers la Terre Sainte (1687-1790).  

Après la Révolution, le lieu devient successivement hospice des enfants de la Patrie (1798), hospice des enfants trouvés (1817-1823), dépôt d’armes (1806), mont de piété (1827,1870), puis paroisse catholique. Les Fraternités monastiques de Jérusalem y ont été appelées par Mgr Brant en 1995 pour y faire revivre la vie monastique au cœur de Strasbourg.

Détruite le 25 septembre 1944 par un bombardement américain, l’église a été reconstruite à l’identique en 1964, avec des vitraux d’Ernest Werlé présentant la vie de saint Jean-Baptiste et le Jugement dernier. Une Croix-icône (2004) et une iconostase (1996) en complètent l’iconographie. Dernier vestige des « églises halles » de Strasbourg, elle possède une nef unique plafonnée et éclairée par des fenêtres à deux lancettes. À l’extérieur, sa silhouette élancée avec sa toiture à lucarnes rampantes dominée par un élégant clocheton, habille le paysage urbain des bords de l’Ill.

Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1946.