Aujourd’hui, nous faisons mémoire de tous ceux qui nous ont quittés, ceux et celles que nous avons connus, aimés, côtoyés. Et si nous venons prier pour eux, c’est aussi pour affermir notre foi : nous le croyons, la mort n’est pas un point final. Elle est un passage vers l’autre monde, celui où le Père nous attend. C’est ce que nous rappellent les lectures d’aujourd’hui.
Le prophète Isaïe nous parle d’un grand festin préparé par le Seigneur. Un festin où Dieu essuiera les larmes sur tous les visages, et où la mort disparaîtra pour toujours. Quelle promesse magnifique ! Et cette promesse, Dieu l’a accomplie en Jésus. Quand Jésus est passé par la mort, il a anéanti le pouvoir de la mort. La mort a cru gagner… Mais c’est elle qui a été vaincue ! Oui, la mort existe encore, nous la voyons, nous la subissons parfois douloureusement, mais elle n’a plus le dernier mot. Son venin a été vidé de sa substance mortelle.
Dans la lettre aux Corinthiens, saint Paul dit : « Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés. » Voilà le cœur du message : la mort, c’est une transformation. Elle ne détruit pas la vie, elle la fait passer à un autre niveau. Paul ajoute encore : « Ce qui est périssable doit revêtir l’incorruptibilité. » Notre corps, fragile, mortel, sera revêtu d’une vie nouvelle, impérissable. Comme l’or qu’on purifie au feu, notre humanité passe par la mort pour être libérée de ce qui l’alourdit, et devenir ce que Dieu a toujours voulu : que nous soyons un être tout entier vivant, pleinement ajusté à l’Esprit. La mort voulait nous déshumaniser. En Jésus, la mort nous offre désormais un surcroît d’humanité, elle achève ce que nous sommes.
C’est ce que Jésus révèle à Marthe, quand il vient chez elle après la mort de son frère Lazare. Marthe lui dit : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Et Jésus lui répond : « Ton frère ressuscitera. » Marthe croit à une résurrection future, “au dernier jour”. Mais Jésus lui dit quelque chose de beaucoup plus fort : « Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. »
Frères et sœurs, voilà le cœur de notre espérance : la résurrection, ce n’est pas seulement “pour plus tard”. C’est une vie qui commence déjà maintenant, quand nous croyons en Jésus, quand nous vivons unis à Lui. La mort ne peut plus nous arracher à son amour. Elle devient le moment où nous sommes remis entre ses mains, pour entrer dans la pleine lumière.
Alors oui, la mort fait toujours mal. Elle sépare, elle blesse, elle laisse un vide. Mais elle n’a plus le dernier mot. En Jésus, la mort est entrée dans le camp de la Vie. Et parce qu’il est vivant, nous savons que ceux qui sont morts dans le Christ ne sont pas perdus. Ils vivent déjà en Lui.
Croire en la Résurrection, ce n’est pas nier la mort, c’est oser la regarder en face, avec confiance. C’est croire qu’au bout du chemin, Dieu nous attend avec tendresse, pour essuyer toutes nos larmes et nous redire : « Viens, entre dans la joie de ton Seigneur. »
Frères et sœurs, n’ayons pas peur de la mort. Elle a changé de camp : elle appartient désormais à la Vie. Celui qui croit en Jésus, même s’il meurt, vivra. Et celui qui vit et croit en Lui, ne mourra jamais.