Où es-tu donc aujourd'hui, cher catéchumène ?
Homélie de fr. Benedikt  |
le 9 juin 2024  |
Texte de l'évangile : Mc 3, 20-35

Lorsqu’Adam eut mangé du fruit de l’arbre, le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? »

Où es-tu donc aujourd’hui, cher catéchumène ? Et je ne te demande pas de nous indiquer juste ta position GPS, que tu es bien ici à Saint Jean à Strasbourg. Où es-tu quand Dieu t’appelle de son éternité ? Es-tu semblable à Adam caché dans le jardin, honteux, déboussolé, triste ? Es-tu perdu dans les profondeurs du mal, comme le psalmiste ? Loin de la maison, loin de la vérité, loin de Dieu, sur une terre étrangère ? Le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » … Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, écoute mon appel ! Si tu retiens les fautes, Seigneur, qui subsistera ?

Chers frères et sœurs, les lectures de ce jour accompagnent merveilleusement la démarche de nos catéchumènes. L’Église les accueille en son sein. Elle n’est pas un paradis perdu, mais une nouvelle maison que le Seigneur bâtit pour son peuple. Pas un palais pour les parfaits, mais un bercail pour les brebis perdues et retrouvées.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ; je l’espère, et j’attends sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore… Oui, près du Seigneur, est l’amour ; près de lui, abonde le rachat.

Je l’espère, et j’attends sa parole… Qu’est-ce qui est arrivé quand Adam a entendu la parole de Dieu dans le jardin d’Eden ? Pris peur parce qu’il était nu, il s’est caché. La voix de Dieu fait trembler celui qui se laissa tromper par le Diable, diabolos, diviseur, celui qui sème le trouble et la discorde, là où Dieu envisage la communion.

Cher catéchumènes, vous êtes désormais signés du signe de la Croix, le signe de la victoire sur notre solitude originel et maintenant vous allez recevoir de l’Église la Bible. La Parole de Dieu ! En effet, Dieu n’a jamais cessé d’appeler Adam, même après la rupture de la communion avec lui. À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, qui après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux…

Ce qui est inscrit dans la Bible, c’est bien la voix du Bon Pasteur qui est parvenu jusqu’à nous à travers les siècles, et qui dit : je n’ai te pas oublié, tu es racheté, je prends défense de toi, comme je l’ai promis.

Nous aussi, alors, nous croyons, affirme saint Paul apôtre, nous le savons, en effet, même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit, nous avons un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux qui n’est pas l’œuvre des hommes.

Voilà donc comment les lectures de ce dimanche continuent de confirmer la démarche de nos catéchumènes ! Oui, vous êtes dès aujourd’hui avec nous dans la Maison de Dieu ! Par contre, comme l’affirme l’antienne avant l’Évangile : C’est maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors, dit le Seigneur ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi.

L’Évangile de ce jour lui-même commence par les mots : En ce temps-là, Jésus revint à la maison… Nous le voyons revenir à la maison, il prêche, il guérit les malades, il affronte le Menteur, le Satan. Au moment crucial, quand il est tenté par les scribes et accusé d’être lui le Menteur, sa parole devient catégorique. Elle peut faire peur, n’est-ce pas ? Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. Allons-nous fuire comme Adam devant cette voix qui fait peur ? Non, regardons ce qui s’est passé vraiment : Quand Jésus entend qu’on l’accuse, il n’accuse pas de sa part : Les appelant près de lui, Jésus dit aux scribes une parabole… sur une maison divisée en soi-même. Dieu chasse le démon, il démasque le mensonge, mais il appelle toujours pour unifier, il appelle l’homme à lui faire confiance. Il appelle près de lui, même ceux qui voulaient l’accuser. Dans sa maison il établit la vérité.

Celui qui nous a trompé ce n’est pas Dieu. Il ne veut pas nous laisser dans l’erreur, il ne peut pas nous laisser dans le semblant, dans la zone grise de la tiédeur. Il est impossible de dire que la vérité est un mensonge et que le mensonge est la vérité. Il est impossible de dire que c’est Dieu qui ment, qui est notre ennemi, qui ne veut plus de nous, que c’est lui qui veut notre mort, notre malheur, notre humiliation, comme l’affirmait le Serpent dans le Paradis. C’est le Satan qui blasphème contre l’Esprit Saint, c’est lui qui est coupable d’un péché pour toujours, un péché qui ne peut pas être pardonné. Il est vaincu le prince de ce monde ! A tous ceux qui sont avec Jésus, Dieu montre sa fidélité à son amour.

Parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, Jésus dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Dans la Maison de Dieu ayez confiance alors, chers catéchumènes, en la Parole aimante de Jésus qui nous rétablit tous dans la communion avec Dieu.