« Celui-ci est le Roi des juifs »
Pantin inerte retenu par les bras, suspendu au gibet de la Croix,
innocent traité comme le pire des assassins. Homme humilié, dénudé,
abandonné, souillé par les crachats, épuisé, le visage maculé de sang,
couronné d’une couronne d’épine dérisoire. Corps souffrant une douleur
extrême, lacéré des blessures du fouet, défiguré par la douleur, n’ayant
plus « visage humain ». Créature recherchant son souffle, pour survivre
encore quelques ultimes instants.
« Celui-ci est le Roi des juifs… »
• Nous sommes aux antipodes de ces vedettes de la communication qui,
à coup de millions, de dizaines de millions de dollars ou d’Euros, voire
plus, font leurs campagnes électorales.
• Nous sommes bien loin de ces multimilliardaires voulant dominer le
monde.
• Nous sommes loin de ces « dieux du stade » si importants que l’on
nous en parle à chaque information.
• Nous sommes loin de ces rois du culturisme que l’on nous présente
dans les magazines.
• Nous sommes loin de ces « golden Boys » qui font des coups en
bourse et gagnent des fortunes…
• Nous sommes loin de nos propres repères de beauté, et réussite…
Et pourtant, c’est cet homme agonisant que l’Eglise nous demande
d’adorer comme notre Roi…
Oui, c’est en cet homme épuisé, défiguré (Lui le plus beau des fils de
l’homme) en qui nous sommes appelés à reconnaître, pour reprendre les
mots de St Paul :
• Celui qui « est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant
toute créature » ;
• Celui en qui « tout fut créé, dans le ciel et sur la terre » et par
qui et pour qui « tout est créé ».
• Celui qui « est avant toute chose, et » en qui « tout subsiste » :
notre créateur
• Celui qui « est aussi la tête du corps, la tête de l’Église »
Et cet homme rejeté, épuisé, qui semble avoir perdu la bataille, nous
demande de l’aimer au point d’en faire notre Roi…
Avouez qu’il y a de quoi rester perplexe. Avouez qu’il y a de quoi
douter… Notre Jésus agonisant sur la Croix est bien loin de tous nos
repères de succès… Ou du moins des repères que l’on nous assène à
longueur de journées au travers des critères de réussite de notre société.
Quel décalage ! Mais rappelons-nous, chers frères et sœurs, que nous
sommes les disciples de Jésus et qu’à ce titre, nous sommes « dans le
monde mais pas du monde » et que tous les repères qui nous sont proposés
par notre société actuelle, ne sont là que pour nous éloigner de ce Dieu
d’amour suspendu a gibet de la Croix par les fautes du monde et par nos
propres fautes.
Et le premier à nous montrer la souveraineté du Crucifié, à l’aube de la
résurrection, est le bon larron. Lui qui suivi le Christ dans son ultime
supplice, qui a souffert la même épreuve, Il a ouvert son cœur au point
de reconnaitre ses fautes : « C’est juste (Ce que nous subissons) :
après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. » et de
faire la prière qui sauve : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu
viendras dans ton Royaume. ». St Jean Chrysostome écrivait : « Il dépose
ainsi aux pieds du Christ ses fautes. Il a avoué ses péchés et le
paradis s’est ouvert ; il a avoué ses péchés et il a eu assez
d’assurance pour demander le Royaume après ses brigandages… ».
Ainsi, nous est-il nécessaire, en avouant nous-aussi nos pauvres
limites, nos péchés, qui nous séparent de l’Amour, de reconnaitre en ce
patin désarticulé celui en qui Dieu a mis tout son amour et qui nous
clame aujourd’hui son amour jusqu’à son dernier souffle en acceptant de
mourir sur la Croix pour nous ouvrir les portes du Royaume.
• Alors, cet homme épuisé devient notre Roi et son dernier souffle
d’homme qu’il va rendre sur la Croix devient pour nous le souffle
créateur qui nous régénère et nous donne la vie.
• Alors, cet homme épuisé, exposé au monde sur la Croix devient, le
fils aimant de Dieu celui qui nous ouvre les portes du Royaume par son
sacrifice et embrasse l’humanité dans ses bras ouverts. Bras de la
miséricorde de Dieu qui nous dit : « Viens, je t’attends ; viens te
jeter dans mes bras, je veux t’enlacer de tout mon amour pour te faire
partager ma divinité. Viens, regarde combien je t’aime car c’est pour
toi que je viens de subir toutes ces épreuves, tous ces outrages. C’est
pour te dire je t’aime que je suis ainsi défiguré ; c’est pour te
redonner visage humain par la grandeur de ma miséricorde, à toi qui es
défiguré par le péché ; c’est pour te donner rang de Dieu à toi ma
création par mon abaissement au niveau de l’esclave ; Viens, n’ai pas
peur… »
Qui perd sa vie la trouvera, sans regarder à ce qui plaît, le Christ
s’est livré lui-même. En mourant sur la Croix, Jésus nous montre qu’il
n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Et Il nous invite à le suivre en aimant le monde…
Frères et sœurs, Pouvons-nous encore résister à ce cri d’amour royal ? «
Quand les hommes vivront d’amour, Il n’y aura plus de misère, et
commenceront les beaux jours » Chantait le poète, « et la joie du
Paradis sera éternelle mon frère », ajouterais-je.
Alors laissons le Christ devenir notre Roi, celui qui gouverne nos vies,
en le laissant régner sur notre intelligence, Le laissant nous enrichir
de ses enseignements, en le laissant régner sur notre volonté en suivant
ses commandements, en abandonnant nos vies à sa miséricorde et en
reconnaissant nos faiblesses afin qu’il puisse nous habiter de sa force.
Christ est le seul Roi dont le royaume est pérenne, éternel. Nous
sommes ses serviteurs à qui il est confier de faire régner son amour sur
le monde. Voilà la belle vocation qui est la nôtre. Pendant le temps de
l’Avent qui commencera dimanche prochain, nous prierons pour que le
règne de Dieu arrive ; daigne le Seigneur prendre possession de nos
cœurs pour qu’ils battent à son rythme ; daigne le Seigneur habiter nos
âmes pour que nos vies Lui soient consacrées. Et pour que son règne
âmes pour que nos vies Lui soient consacrées. Et pour que son règne
arrive, pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel,
offrons-lui le bien que nous ferons et le mal dont nous souffrirons,
offrons-lui nos résolutions et nos efforts, offrons-lui notre volonté de
Le suivre.
« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »
Amen.